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Ensemble naturellement
1 mai 2015

COMMENT FAIRE SANS FESSÉE? #4

Pour terminer cette semaine de la non violence éducative, j'ai très envie de clôturer sur un principe très important à mon sens. Ce principe pourrait même être le premier sur la liste. Sans la mise en place de celui-ci, il sera très difficile d'appliquer les autres.  

PRINCIPE 4: JE PRENDS SOIN DE MOI

Nous faisons chacun de notre mieux, mais malgré tout la colère n'est pas loin et peut ressurgir à tout moment. On se sent souvent coupable, « mauvais parent » car nous ne voulons pas de cette situation.
Comment faire pour ne plus réagir avec cris et/ou violence ?

LES CAUSES DU STRESS DE PARENTS

Les journées peuvent parfois être intenses. Nos enfants sont pleins d'énergie avec un besoin intense de bouger, ce qui n'est parfois pas en adéquation avec nos propres besoins.

Cependant tous les besoins ne sont pas reconnus et respectés et plusieurs facteurs mettent en péril notre rôle de parents :

  • Le quotidien imprévisible qui nous oblige à constamment changer nos plans et nous force à réorganiser nos journées. Ce qui demande beaucoup d'adaptabilité.

  • La solitude et le jugement qui nous freinent pour parler de nos difficultés, de peur d'être traité d'incapable

  • L'accumulation de conseils du style « Tu devrais faire ceci ou bien cela... » . Nous voulons le meilleur pour notre enfant et on se demande alors ce qu'il faut vraiment faire. Un sentiment de culpabilité s'installe de peur de ne pas être un bon parent... Soyons rassurés « Il n'y a pas de parents parfaits ! »

  • L'organisation et le travail qui nous impose un certain rythme et des contraintes dans nos journées.

  • La fatigue, il est important de remplir notre réservoir pour remplir celui de notre enfant

  • Un déficit de reconnaissance : c'est un travail épuisant qui demande beaucoup d'énergie, 24h/24h – 7 jours sur 7.

  • L'environnement peut également être une cause de stress : les cycles féminins, la lune, les hormones, les saisons, l'alimentation...

  • La gestion des émotions : cris, pleurs...

LE PROCESSUS ÉMOTIONNEL
Lorsqu'elle se déroule naturellement, chaque émotion passe par une série d'étapes. De son émergence à l'action qui rétablira l'équilibre chez la personne, les étapes sont les mêmes.

PROCESSUS-EMOTIONNEL

La compréhension des mécanismes sous-jacents aux émotions et l'apparition des symptômes permettent non seulement de mieux comprendre ce qui se passe mais aussi de mieux accompagner nos enfants.
Décharger fait partie du processus et permet à l'individu de se soulager: larmes, bâillement, tremblement, transpiration, rire 

LA COLÈRE
Plusieurs personnes bloquent le déroulement naturel du processus émotionnel, d'une façon ou d'une autre. Nous avons tendance de garder tout cela, à accumuler. Et à la moindre frustration, sans crier gare, on explose. Voilà ce que ça donne:

colére-bombe

Autrement dit, à l'intérieur de moi, je contiens ma "bombe" qui ne cesse de grossir jusqu'à exploser sous forme de cris, colère, voire gifles ou fessées.

schéma-colére

Certains comportements de notre enfant peuvent déclencher une réaction de stress. Nous allons ressentir des tensions dans le corps, crispation des mâchoires; membres tendus... et libérer des hormones : Cortisole et adrénaline.

réaction-de-stress

Tout se passe au niveau du cerveau. L'amydgale secrète de l'adrénaline, et déclenche trois réactions:

cerveau

Notez que des actions peuvent s'enchaîner, on peut se figer, puis attaquer, par exemple.

C'est notre réaction au stress: accumulation, fatigue, histoire personnelle (enfance...), environnement (cycle féminin, lune, saison...)... qui va déclencher l'adrénaline et la réaction d'attaque, probablement des cris, une tape, une fessée, une gifle.

"Être un chef, c'est penser qu'il est possible de modifier le comportement de l'autre par de rapports de force, en criant, en donnant des ordres, en rabaissant, en humiliant. Le résultat arrive vite: soit l'enfant devient agressif, révolté, tyrannique provocant, soit l'enfant devient très sage. Il obéit mais il est totalement soumis, souvent dépressif et il perd sa propre identité. Plus tard, il se fera tyranniser, parfois il alternera des moments de révolte et des phases de soumission. 
Le guide lui montre le chemin, c'est un modèle, il n'impose pas. Il sait qu'il ne peut pas modifier le comportement de son enfant en donnant des ordres, par contre il peut, lui changer des repères à l'enfant, s'il le juge nécessaire. Le guide donne des repères à l'enfant: il fixe les limites, les énonce avec calme et lui-même s'y conforme."
Catherine Gueguen - Pour une enfance heureuse (page 253)

ALORS JE FAIS QUOI?
Tout d'abord, vous venez de comprendre ce qui se passe en vous. C'est une grande étape de prendre conscience de ses sensations physiques et de les ressentir, à ce moment là votre priorité est de calmer votre cerveau, et ainsi trouver une solution plus éducative, bienveillante et respectueuse pour accompagner votre enfant.

 

CALMER-STRESS

Si toutefois, vous ne connaissez pas cette vidéo, prenez le temps de la visionner pour comprendre de façon imagée ce qui se passe dans le cerveau.

COMMENT CALMER SON STRESS?
Soyez indulgents, cela ne se fera pas en un jour. Laissez-vous du temps de vous approprier ces nouveaux outils dès les premières sensations physiques de stress dans votre corps. 

  • Les contacts physiques :
    La sécrétion d'ocytocine va permettre de diminuer l'adrénaline. Prendre dans les bras va calmer le stress. 

  • Respiration profonde :
    Respiration par le ventre pour être plus ancré et détendre tout le corps. 
    Par exemple: Vous pouvez compter votre respiration : 4 inspirations et 8 expirations, au moins 3 fois.
    Ou encore, adopter la respiration carrée expliquée dans la vidéo ci dessous
  • Regarder une plante verte :
    Le vert, la nature calme.
  • S'exprimer :
    Décrire ce que vous ressentez « Je sens que le stress est là »... 
    Vous pouvez décrire ce que vous ressentez dans votre corps: des tensions, une boule au ventre qui monte...

  •  Boire un verre d'eau 
    Le cerveau sous stress se deshydrate. Vous pouvez utiliser une paille pour prendre le temps

  • Rire
    Le rire déclenche de l'ocytocine qui va atténuer et chasser l'adrénaline (hormone de stress)
  • Jouer 
    Nous en avons largement parlé dans l'article d'hier. Mettre du jeu, de l'humour dans un moment de crise va vous aider à renverser la vapeur. Cela demande un peu d'énergie et de prendre le temps pour ne pas réagir par automatisme dans des cris. 

"Je me sens grincheuse et je vais sans doute gronder ma fille pour la vingtième fois. Mais au lieu de "Ne touche pas ça!", je me retrouve en train de dire "Si on faisait des chatouilles?" et nous nous roulons par terre pour passer un moment totalement différent de ce qui aurait pu se produire. Ce n'etait pas ce que j'avais envie de dire mais, très vite, mon esprit à rattrapé mes paroles."
Sarah Napthali - S'occuper de soi et de ses enfants dans le calme (page 113)

  • Mettre de la musique :
    Danser, bouger, faire sortir ce qui correspond à notre état intérieur

  • Mouvement amples 
    Libérer les tensions et ouvrir la cage thoracique
    Par exemple en faisant le bûcheron (3 fois « HA », mouvement des bras de bas en haut comme ci on couper du bois avec une hache)
    Vous pouvez aussi taper des pieds ---> L'important est de décharger les tensions dans le corps et libérer les hormones


REMPLIR SON RESERVOIR 
Il est important de prendre soin de vous, de remplir votre réservoir pour ainsi remplir celui de votre enfant. Votre reservoir vide, vous ne pourrez pas aller bien loin!
Alors oui, cela est très difficile en tant que parents de prendre du temps pour soi. Il ne s'agit pas de passer une journée compléte rien que pour vous, mais de saisir chaque instant qui s'offre à vous: une minute de respiration, cinq minutes de silence, dix minutes de lecture, quinze minutes à appeler un(e) ami(e)....

Il est reconnu que la méditation apporte beaucoup de bienfaits: 20 minutes de méditation équivaut à 2h de sommeil profond, et quand on sait qu'un mère perd 600h de sommeil la première année, il serait dommage de passer à côté de cet outil. Souvent, on me dit "Mais je ne sais pas méditer! Je ne sais pas comment faire!" Pas d'inquiétude, je vous recommande le programme de maman zen qui vous accompagnera parfaitement dans vos premiers pas de relaxation. 

Une autre manière très simple de remplir votre réservoir: trouver quelqu'un qui nous écoute (votre conjoint, un autre parent, un ami, un thérapeute...) Quelqu'un qui vous prête une oreille attentive, respectueuse, sans nous donner de directives, qui ne renonce pas à nous écouter parce que nous fondons en larmes, éclatons de rire ou nous mettons à trembler de peur ou de rage.

"Notre tour est venu! Il est temps que quelqu'un nous écoute - c'est à dire remplisse notre réservoir - pour que nous puissions remplir ceux de nos enfants en jouant avec eux comme ils le souhaitent." 
Lawrence Cohen - Qui veut jouer avec moi? (page 429)

Il existe de nombreuses associations qui regroupent les parents entre eux, et qui permettent d'ouvrir le dialogue pour échanger sur les difficultés communes, les doutes et les émotions.Les sages femmes et les doulas sont aussi attentives pour les parents à tout moment de leur parentalité.

 

 

Soyez indulgent avec vous même... Gardez en tête qu'il n'y a pas de parents parfaits et cette formidable citation de Michelle Guez "Chaque fois que je me plante, je pousse".
S'il vous arrive de crier, prenez le temps de vous excuser et d'expliquer à votre enfant.

 " Tant de parents pensent qu'ils doivent apparaître parfaits aux yeux de leurs enfants mais je pense que vous leur rendez un meilleur service en leur enseignant des méthodes pour supporter d'être imparfaits - comme nous le sommes tous. Si vous pouvez leur dire, de temps en temps "J'ai commis une faute", vous pourrez un jour les trouver disposés à vous dire la même chose. Ils auront alors appris à assumer la responsabilité de leur comportement."
Sarah Napthali - S'occuper de soi et de ses enfants dans le calme (page 103)

J'espère de tout coeur que ces quelques principes de bases vous aideront dans votre quotidien et votre chemin vers la bienveillance. Ce n'est pas facile d'être parent jardinier, d'autant plus que nous n'avons pas toujours reçu ces bases étant enfant. Alors laissez vous le temps d'avancer à petits pas, lentement, de parfois chuter, de parfois reculer... pour faire de magnifiques bonds de géants. 
J'ai connu moi-même ces difficultés et parfois encore je me retrouve face à des situations compliquées. Rien est figé et c'est moment difficile nous font grandir: dans la relation avec mes enfants et dans mon parcours de mère. Beau chemin à tous...

 

Quelques lectures pour aller plus loin:

    

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