C'est avec une émotion intense - gorge nouée, coeur serrée, mains tremblantes - que je vous écris ce billet. 

Comme vous me l'aviez demandé, je vous partage les évènements qui ont suivi la remise du courrier à la directrice d'école maternelle de mon fils. Un bref rappel ici

Cela fait une semaine que j'ai remis la lettre à la directrice accompagnée d'un bel échange bienveillant. Durant toute cette semaine, l'équipe pédagogique à fait l'autruche, personne n'a parlé de ce courrier. Surprenant?!

Ce matin, mon loulou a été peiné car le porte manteau qu'il avait choisi (il n'y a pas encore les noms) a été pris par un autre élève. Tristesse, perte de repère... pleurs. J'ai pris le temps de l'accompagner et de le rassurer. La maîtresse a vu qu'il été peiné et me demande ce qu'il se passe. Je lui explique.
Lors de cette discussion,j'en profite pour lui demander " Souhaitez-vous que l'on se voit pour échanger suite au courrier? Avez-vous des questions?" 
Pour elle, tout va bien, elle continue d'adopter son système, car elle a la liberté du choix pédagogique. 
Je m'epuise pas trop, car je sens qu'elle est tout à fait hermétique "J'ai l'impression que vous me faites passer pour une ogre". Bref...
Mais durant cette échange, l'atsem prend en charge un petit loulou qui arrive en pleurs. A peine arriver, sa réaction a été "Tu t'arrêtes!" (avec un ton ferme)

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A ces paroles, mon coeur se noue, je ne peux m'empecher de réagir et d'exprimer mon inquiétude et ma tristesse d'entendre de tels paroles dans une école. 
Elle clot la discussion, en me demandant de faire le point avec la directrice. 

Je pars de l'école dans un état de tristesse profond. Cette toute petite phrase m'a profondément choquée de par son ton, son exigence, et le besoin attendu "stopper uniquement les pleurs de l'enfant" sans prendre le temps de l'écouter. 

J'avais choisi de m'investir dans les parents d'élèves, je réalise que ce n'est pas ma place, que je vais y mettre toute mon énergie, m'épuiser dans une institution puissante. 

J'appelle la directrice et lui informe de ma décision. Elle n'a pas l'air surprise. Elle m'affirme même qu'elle a eu l'information de la maîtresse. 
S'en suit un échange téléphonique:

"Nous avons discuté de votre courrier lors de notre réunion, mais l'équipe pédagogique a estimé que ce n'était pas une priorité cette année."

La communication avec l'enfant n'est donc pas une priorité dans l'instruction de nos enfants? 
Je reste abasourdie à l'écoute de ces mots, profondément choquée. 
Là je pense à Jacques Salomé, à Albert Jacquard et tant d'autres qui se battent déjà depuis tant ('trop!) d'années pour que la communication soit enseignée à l'école. 

" Enseignants et éducateurs vont avoir à vivre dans les prochaines années une mutation considérable. 
Il est urgent qu'ils se préparent à en devenir les acteurs comme enseignants et éducateurs relationnels. Qu'ils acceptent de renoncer à être ceux qui savent pour l'autre et qu'ils apprennent ainsi à dépasser leur seul rôle de transmetteur de savoir et de savoir-faire, pour pouvoir favoriser un authentique savoir être et un véritable savoir devenir." Jacque Salomé

" Nous sommes des enseignants formateurs, nous connaissons notre travail."

Plus de place au doute, je mettais mon énergie dans une institution très forte où les enseignants sont convaincus du savoir et faire les bons choix. 
Ce courrier invitait à une réflexion... je m'apperçois qu'aucun enseignant à pris le temps de réflexion et d'analyse. 

" Vous savez que l'école n'est pas obligatoire, ou bien vous avez des écoles alternatives qui pourraient vous correspondre."

La solution? Mettre mon enfant dans une école alternative ou faire l'école à la maison. 
C'est donc l'unique et seule réponse que l'on a trouvé, Quelle facilité! Quelle échappatoire!
L'écoute et le respect de l'enfant en tant qu'être devrait être une base que les enseignants doivent mettre en place dans TOUTES les écoles. Il est désolant de nos jours de devoir encore passer pour des extrémistes à demander de la bienveillance et de la paix...

Tout comme les élèves des écoles, j'ai dû me conformer au choix des institutions. 
Tout comme les élèves des écoles, j'ai dû me taire, on m'a fait taire. 
Tout comme les élèves des écoles, j'ai poser sur moi une étiquette : la marginale! 

Triste réalité...
Continuez à étouffer nos jeunes plants, au lieu de les arroser et les faire grandir à l'image d'un tuteur avec bienveillance.